L'antibiothérapie impacte-t-elle l'efficacité de la combinaison chimio-immunothérapie ?

Rédigé le 25/08/2021
Siavoshe AYATI

L’antibiothérapie semble diminuer l’efficacité de l’immunothérapie, nous en avions déjà parlé dans cet article (antibiothérapie et PDL-1), avec comme hypothèse la déstabilisation du microbiote intestinal.

Ces données concernaient l’immunothérapie en monothérapie dans la situation CBNPC PD-L1 ≥ 50%.

Qu’en est il dans la situation de combinaison chimio-immunothérapie ?

Les auteurs de cette étude ont voulu évaluer chez des patients porteurs d’un cancer broncho pulmonaire non à petites cellules, traités par chimio-immunothérapie, l’impact de l’exposition antérieur aux antibiotiques et concomitantes sur l'efficacité de la combinaison chimio-immunothérapie.

Une exposition antérieure aux antibiotiques a été définie par une prise dans les 30 jours précédents l’immunothérapie.

Une exposition concomitante aux antibiotiques a été définie comme toute prise administrée en même temps que l’immunothérapie.

Il s’agit d’une étude rétrospective, mulicentrique, internationale qui a inclus 302 patients métastatiques de 2014 à 2020.

Population:

  • 216 (71,5%) étaient des anciens fumeurs
  • 61 (20;2%) étaient des fumeurs actifs
  • Le statut PD-L1 était connu pour 274 (90,7%) des patients: ≥ 50%: 76 (25,5%); 1-49%: 84 (27,9%); <1%: 113 (37,5%)

Dans la population "exposition préalable" aux antibiotiques (47 patients soit 15,6%), pas de différence sur

  • La survie globale HR = 1.42 [95%CI: 0.91-2.22]; p = 0.1207
  • La survie sans progression HR = 1.12 [95%CI: 0.76-1.63]; p = 0.5552
  • Et le taux de réponse objective 42.6% vs. 57.4% p=0.1794

Dans la population "antibiothérapie concomitante" (117 patients soit 38;7%), pas de différence sur

  • La survie globale HR = 1,29 [95%CI: 0.91-1.84]; p = 0.149
  • La survie sans progression HR = 1.20 [95%CI: 0.89-1.63]; p = 0.222)

Pas de différence également en fonction de la durée (≥7 ou 7 jours) ou de la voie d’administration (PO ou IV).

Les auteurs suggèrent au vu de ces résultats que l’antibiothérapie, qu’elle soit préalable ou concomitante ne semble pas diminuer l’efficacité de la combinaison chimio-immunothérapie. Ils proposent de l’intégrer dans le processus de décision dans la situation CBNPC PD-L1 ≥ 50% entre immunothérapie seule et chimio-immunothérapie en fonction de leur exposition ou de la nécessité au moment de la mise en place.