CHIP : rapport HAS juin 2021

Rédigé le 20/08/2021
Jean David FUMET

La CHIP (Chimiothérapie Hyperthermique IntraPéritoneale) associée ou non à une cytoreduction préalable est développée par certaines équipes mais ne fait pas l'unanimité au sein de la communauté scientifique. La HAS a ainsi proposé une évaluation et a donné son compte rendu en juin 2021

Nous retiendrons comme messages importants :

2 indications validées sont :

  • le traitement à visée curative des carcinoses péritonéales secondaires à un cancer de l’ovaire de stade FIGO III, non opérable d’emblée dans le cadre d’une chirurgie intervallaire (population de l’étude OVHIPEC) ;
    • avec le protocole de CHIP suivant : cisplatine 100 mg/m² distribué selon le protocole de l’étude OVHIPEC à raison de 50 mg/m² en début de procédure, 25 mg/m² à 30 minutes et 25 mg/m² à 60 minutes, pour une durée totale de 90 minutes à 40°C, associée systématiquement à une néphroprotection par hydratation et thiosulfate de sodium en IV ;
  • le traitement à visée curative des carcinoses péritonéales primitives/cancers rares (mésothéliome et pseudomyxome péritonéaux) ;
    • pour le mésothéliome péritonéal avec des protocoles de CHIP à base de cisplatine, doxorubicine et mitomycine utilisés en association ou à base de cisplatine et mitomycine seule ;
    • pour le pseudomyxome avec des protocole de CHIP à base de mitomycine seule ou d’oxaliplatine seule.

 

Les autres indications ne sont pas retenues :

  • le traitement à visée curative des carcinoses péritonéales d’origine colorectale (premier cancer et récidive) ;
  • le traitement à visée préventive des carcinoses péritonéales d’origine colorectale (premier cancer et récidive) ;
  • le traitement à visée curative des carcinoses péritonéales secondaires à un cancer de l’ovaire en récidive ;
  • le traitement initial à visée curative des carcinoses péritonéales secondaires à un cancer de l’ovaire ;
  • le traitement à visée curative des carcinoses péritonéales secondaires à un cancer gastrique (premier cancer et récidive).

 

En pratique : la HAS ne retient que 2 indications actuelles pour la CHIP

En ce qui concerne le cancer de l'ovaire en première ligne : les patientes doivent absolument correspondre aux patientes de l'étude OVHIPEC, c'est a dire les stades III en chirugie d'intervalle après 3 cycles de chimiothérapie.

A noter cependant : A l'heure où les études récentes ont bouleversé les traitements de maintenance en première ligne, la comparabilité avec les données de l'étude OVHIPEC est difficile. Les futures études cliniques devront intégrer ce paramètre pour nous aider à définir réellement la place de la CHIP dans cette situation.