Cancer du sein : Hormonothérapie prolongée 7 ou 10 ans ?

Rédigé le 06/08/2021
Jean David FUMET

Les tumeurs luminales présentent un risque de récidive à long terme. Ainsi la prolongation de l’hormonothérapie adjuvante au-delà de 5 ans a été largement étudié.

La prolongation du traitement par anti aromatase après 5 ans de tamoxifene initial a montré un bénéfice en survie sans récidive. (Goss PE et al, NEJM 2003)

En revanche, la durée de prolongation du traitement est moins claire. Compte tenu des effets secondaires potentiels, il se pose la question de limiter la durée de cette prolongation pour trouver la meilleure balance bénéfice/risque.

Dans une étude de phase III publiée récemment dans NEJM, les patientes ménopausées étaient randomisées après 5 ans d’hormonothérapie (tamoxifene, anti aromatase ou les 2) entre

  • 2 ans additionnels (total de 7 ans) par anastrozole

  • 5 ans additionnels (total de 10ans) par anatrozole

L’objectif principal était la DFS

 

Au total : 3484 patientes incluses

Age médian 64 ans

La majorité des patientes présentaient des cancers du sein T1 et N0 à faible risque

- 51% avaient reçu du tamoxifene seul

- 7.3% avaient reçu une anti aromatase seule

- 41.7% avaient reçu les 2

 

Les résultats montrent :

  • aucune différence de DFS entre les deux groupes

  • Majoration du risque de facture dans le groupe 5 ans par rapport au groupe 2 ans (4.7% vs. 6.3%; HR = 1.35; 95% CI, 1.00 to 1.84)

 

En pratique : Ces résultats sont cohérents avec ceux de 2 essais antérieurs (les études DATA et IDEAL) qui ont comparé une différentes durées de traitement adjuvant prolongé par inhibiteur de l'aromatase et dans lesquels aucun des essais n'a montré de différence significative entre les groupes en termes de survie sans maladie ou de survie globale.

Nous retiendrons qu’une prolongation de 2 ans au lieu de 5 ans semble donner les même taux de survie et moins de toxicité (notamment moins de fracture osseuse).

La décision de la durée de l’hormonothérapie restera avant tout une décision adaptée à la patiente prenant en compte le risque de récidive (taille, atteinte ganglionnaire, grade) et les risques de toxicité pour évaluer la meilleure balance bénéfice/risque.