Vaccin NY-ESO-1 + immunothérapie dans les sarcomes des tissus mous ?

Rédigé le 23/07/2021
Jean David FUMET

Les sarcomes représentent un groupe de tumeurs très hétérogènes. La réponse à l’immunothérapie par anti-PD1/PDL1 est décevante.

De ce fait, des stratégies se mettent en place pour « sensibiliser » ces tumeurs à l’immunothérapie

L’utilisation de vaccins thérapeutiques en association avec les inhibiteurs de checkpoint est une stratégie de plus en plus évaluée. L’objectif n’est pas seulement de « réveiller » une réponse immunitaire anergique mais également de l’éduquer à combattre la tumeur.

NY-ESO-1 est une protéine exprimée par de nombreux cancers dont les sarcomes mais non présente dans les cellules saines. Elle constitue ainsi un antigène tumoral de choix pour le développement d’un vaccin thérapeutique

CMB305 est un vaccin hétérologue développé contre NY-ESO-1

Une étude de phase II, publiée dans JCO, a évalué dans les synovialosarcome et les liposarcomes myxoides (connus pour exprimer fortement et de façon homogène NY-ESO-1) une combinaison vaccin CMB305 + atezolizumab versus atezolizumab seul

 

Au total : 89 patients avec un sarcome synovial ou liposarcome myxoide NY-ESO-1+, en rechute après au moins une ligne de traitement standard

PFS mediane : 2.6 mois (vaccin + atezo) vs 1.6 mois (atezo seul) p=0.49

OS mediane : 18 mois dans les 2 bras

A noter : 2 réponses partielles dans le groupe vaccin + atezo

 

Le profil de tolérance est satisfaisant sans signal de surtoxicité avec l’ajout du vaccin

 

Les analyses biologiques montrent un taux plus élevé de lymphocytes T spécifiques NY-ESO-1 dans le groupe vaccin + atezo que atezo seul (53.8% vs 15%, p=0.01) et d’anticorps spécifique anti NY-ESO-1 (50% vs 0%, p<0.001).

Les 2 patients en réponse partielle ont présenté une réponse immune spécifique anti NY-ESO-1

Une analyse post hoc de l’OS montre des résultats meilleurs chez les patients avec une réponse immunitaire spécifique anti NY-ESO-1

En pratique : Cette étude confirme les mauvais résultats des anti-PD-L1 seuls et ne montre pas de bénéfice en survie à l’ajout d’un vaccin thérapeutique à l’atezolizumab.

Cependant les analyses biologiques montrent une preuve de concept intéressante avec une stratégie qui stimule une réponse immunitaire spécifique. Il faut poursuivre dans cette voie pour trouver les autres freins à lever.