KEYNOTE-119 : Le pembrolizumab n’améliore pas la survie dans les cancers du sein triple négatifs métastatiques

Rédigé le 31/05/2021
Jean David FUMET

L’immunothérapie dans les cancers du sein reste difficile à positionner. Les cancers du sein triple négatifs semblaient être les meilleurs candidats (expression de PD-L1, infiltration lymphocytaire…) mais les études de première ligne chimiothérapie + immunothérapie (Paclitaxel ou Nab-paclitaxel + atezolizumab) donnent des résultats globalement décevants avec seulement une petite proportion de patientes répondeuses. Aujourd’hui en France, l’immunothérapie par anti-PD1/PDL1 n’a aucune indication dans les cancers du sein.

 

L’étude de phase 3 KEYNOTE 119 évaluait le pembrolizumab versus chimiothérapie au choix de l’investigateur (capécitabine, éribuline, vinorelbine ou gemcitabine) dans les cancers du sein triple négatifs métastatiques en 2 ou 3e ligne.

L’objectif principal était la survie globale

 

Au total : 622 patientes,

Les résultats montrent : 

  • OS : 9,9 mois vs 10,8 mois
  • Chez les PD-L1 CPS >10 : 12,7 mois vs 11,6 mois.  p= 0,057
  • Chez les PD-L1 CPS >1 : 10,7 mois vs 10,2 mois. p= 0,073

 

Quelques rares patientes semblent avoir un bénéfice prolongé sous pembrolizumab

 

En pratique : nous retiendrons :

  • Un nouvel échec de l’immunothérapie en monothérapie pour les cancers du sein triple négatifs métastatiques
  • Quelques rares répondeuses : nécessité de trouver des biomarqueurs
  • Il existe des mécanismes de résistance à l’immunothérapie au-delà des biomarqueurs prédictifs classiques : La recherche doit se poursuivre pour les identifier et designer des études de combinaison 

 

Actuellement disponible au CGFL pour les cancers du sein triple négatifs : 

En adjuvant : étude ALEXANDRA : chimiothérapie +/- atezolizumab en adjuvant des cancers du sein triple négatifs

En 1ere ligne métastatique : étude SYNERGY : chimiothérapie + durvalumab +/- oléclumab pour les cancers du sein triple négatifs