Poziotinib en cas d'insertion exon 20 et mutations HER2 : Premiers résultats publiés

Rédigé le 02/06/2021
Laure Favier

Les insertions de l’exon 20 représentent environ 10% des mutations de l’EGFR ; il s’agit donc de la plus fréquente des mutations rares de l’EGFR, soit 4% des adénocarcinomes bronchiques. Contrairement aux delétions de l’exon 19 ou à la L585R, les insertions de l’exon 20 ne sont pas sensibles aux TKI de première et deuxième génération et leur traitement repose sur la chimiothérapie dont l’efficacité reste limitée.

Le poziotinib est un inhibiteur puissant des insertions de l’exon 20 et des mutations de HER2.  2 autres médicaments sont en cours d’évaluation en cas d’insertion de l’exon 20 :  le mobocertinib et l’amivantamab ; et en cas de mutation HER2, le trastuzumab deruxtécan est également en développement . Si les premiers résultats de ces médicaments ont été présentés en congrès, cette étude est la première à être publiée.

De mai 2019 à juin 2020, 30 patients porteurs soit d’une insertion de l’exon 20 ou d’une mutation HER2 ont été traités par poziotinib à la posologie de 16 mg/jour ( données de vraie vie, programme d’accès compassionnel, Milan).

73% des patients étaient des femmes et 77% des non fumeurs ; l’âge médian était de 58 ans.

16,6% ( n=2) ont reçu le poziotinib en première ligne ; 36,6% en seconde ligne et 46,6% ≥ 3 lignes. 53,3% étaient porteurs de métastases cérébrales.

28 patients ont pu être évalués (deux patients étant décédés  avant la première évaluation).

- 13,3% des patients ( n=4) ont progressé d’emblée,

- 50% ( n=15) ont été stabilisés et

- 30%  (n =9) ont répondu au poziotinib.

Le taux de réponse objective au niveau cérébral pour les 15 patients porteurs de métastases cérébrales étaient de 46%. Le pronostic était moins bon chez les hommes et en cas de PS 2.

La médiane de survie sans progression était de 5,6 mois et la médiane de de survie globale est de 9,5 mois.

La toxicité est majeure, confirmant les premières données sur le poziotinib avec 66% de toxicité de grade ≥ 3 ( cutanée 50%, 31% de diarrhées, 7% de mucite).

Le poziotinib est actuellement disponible en ATU en cas d’insertion de l’exon 20 ou de mutation HER2. Cependant, sa toxicité plaide en sa défaveur avec une efficacité qui n’est pas supérieure à celle des autres inhibiteurs en cours de développement.