Antibiotiques et immunothérapie : existe-il un impact en fonction de l'expression de PD-L1 ?

Rédigé le 17/05/2021
Siavoshe AYATI

La littérature suggère aujourd’hui que l’antibiothérapie affecte l’efficacité de l’immunothérapie en déstabilisant le microbiote intestinal et par conséquent la réponse immunitaire. On sait qu’un microbiote riche en Akkermansia et Ruminococcus est associé à une meilleure réponse immunitaire.

Mais aujourd’hui il n’y a pas de consensus clair entre usage de l’antibiothérapie, immunothérapie et survie globale.

Les auteurs de cette étude ont voulu examiner l’impact de l’antibiothérapie sur l'efficacité de l'immunothérapie en fonction du taux d'expression de PD-L1.

Cette étude a centralisé les patients suivis pour un CBNPC traités par anti-PD-1 ou PD-L1 (peu importe la ligne), ayant reçu une antibiothérapie dans les 2 mois avant ou 1 mois après le début de traitement.

Résultats : 531 patients ont été séléctionnés dans cette étude, parmi lesquels 98 (19 %) ont reçu des antibiotiques. La majorité des patients étaient des hommes (80%), avec un adénocarcinome, et la moitié dans chaque groupe (ATB ou non ATB) avaient un PD-L1 déterminé.

L’utilisation d'une antibiothérapie était associée à une survie globale moyenne plus courte 11,7 mois vs 16,1 mois (p=0,028) mais sans différence significative en terme de surie sans progression (3,5 mois dans les 2 groupes p :0,287).

Parmi les 265 patients pour lesquels le PD-L1 a été déterminé :

  • Les patients avec un PD-L1 < 50% ne présentaient pas de différence en survie sans progression (3,3 vs. 2,8 mois, p=0,88 ) et en survie globale (9,5 vs. 17,1 mois, p=0,24)
  • Les patients avec un PD-L1 ≥ 50% qui ont reçu une antibiothérapie présentaient une survie sans progression significativement plus courte (4,2 vs. 9,4 mois, p=0,012) et une survie globale également significativement plus courte (11,9 vs. 28,4 mois, p=0,011).


Il s’agit d’une étude intéressante qui suggère que l’antibiothérapie impacte la réponse à l’immunothérapie chez les patients présentant un CBNPC PD-L1 ≥ 50%, c-à-d les patients les plus sensibles à l’immunothérapie.

Des questions restent en suspens : le type d’antibiothérapie ? dans cette étude les bétalactamines étaient largement utilisées. Le lien avec les autre biomarqueurs connus (TMB, TILs) ?