IMagyn050 : nouvel échec de l’immunothérapie dans les cancers de l’ovaire

Rédigé le 14/05/2021
Jean David FUMET

L’immunothérapie par inhibiteurs de checkpoint a révolutionné la prise en charge de nombreux cancers mais les résultats dans les cancers de l’ovaire restent décevants.

Les premières études en monothérapies en situation de rechute multiples avaient montré des taux de réponse de 10-15%

Il se posait alors la question de leur utilisation en combinaison avec chimiothérapie dès le début de la prise en charge

L’étude IMagyn-050 est une étude de phase III internationale dont les résultats viennent d’etre publiés dans JCO

Les patientes éligibles avaient un cancer épithelial de l’ovaire stade III-IV traitées par chirurgie première incomplete (maladie résiduelle), ou pour lesquelles étaient prévues une chirurgie d’intervalle.

Le traitement comprenait le standard carboplatine taxol (6cyles) + avastin (22 injections) avec une randomisation pour l’ajout de Atezolizumab/placebo toutes les 3 semaines (22 injections)

Les chirurgies d’intervalle étaient réalisées après 3 cycles

Au total : 1301 patientes

-70% de stade III

-75% de sereux de haut grade

-75% de chirurgie première / 25% de chirurgie d’intervalle

 

Les résultats montrent :

Population globale : PFS mediane : 19.5 mois (atezolizumab) vs 18.4 mois (placebo), p= 0.28

Population PD-L1 positive : PFS mediane 20.8 mois (atezolizumab) vs 18.5 mois (placebo) p = 0.038

Population PD-L1 positive sur les cellules immunitaires (IC >5%) : PFS médiane : non atteinte (atezolizumab) vs 20,2 mois (placebo), HR = 0.64

 

 Les résultats d’OS immatures montrent :

Population globale  OS à 2 ans : 81% vs 79%

Population PD-L1 positive : OS à 2 ans : 82% vs 83%

 

En pratique : Cette étude de grande envergure avec plus de 1000 patientes, ne montre pas de bénéfice à l’ajout de l’atezolizumab en prise en charge initiale des cancers de l’ovaire stade III-IV. On note une legere tendance pour les tumeurs PDL1 positives

C’est une nouvelle déception de l’immunothérapie dans ces cancers

Le cancer de l’ovaire est pourtant un excellent candidat sur le papier pour répondre à l’immunothérapie (expression de PD-L1, infiltrat lymphocytaire avec un impact pronostic connu).

Il existe probablement des mécanismes de résistance à explorer pour trouver de nouvelles cibles

L’impact de la biologie moléculaire est primordial dans ces tumeurs :

Nous attendrons avec impatience les données des études FIRST et DUO-O qui associait : carboplatine – taxol – avastin – PARPi – anti-PD-1/PD-L1

 

Au CGFL et au CHRU de Besancon : l’étude IMMUNOPARP évalue chez toutes les patientes traitées par inhibiteurs de PARP pour un cancer de l’ovaire dans le cadre du standard, l’impact des PARPi sur les populations immunitaires circulantes. Ces données pourront offrir de nouvelles pistes pour de futures combinaisons.

 

 

Moore KN, Bookman M, Sehouli J, et al. Atezolizumab, Bevacizumab, and Chemotherapy for Newly Diagnosed Stage III or IV Ovarian Cancer: Placebo-Controlled Randomized Phase III Trial (IMagyn050/GOG 3015/ENGOT-OV39) [published online ahead of print, 2021 Apr 23]. J Clin Oncol. 2021;JCO2100306. doi:10.1200/JCO.21.00306