ASCO-GU 2021: Identifier efficacement les anomalies moléculaires dans les cancers de prostate : ADN tumoral circulant ou tissu tumoral archivé ?

Rédigé le 16/02/2021
Sylvain LADOIRE

La médecine personnalisée va tenir une place de plus en plus importante avec le démembrement moléculaires des anomalies génomiques du cancer de prostate, dont certaines conditionnent l’efficacité de thérapies ciblées (inhibiteurs de PARP, d’AKT, hormonothérapies de nouvelles génération…). La recherche de ces anomalies doit donc se développer pour qu’un accès simple et efficace en routine soit disponible. L’ADN tumoral circulant (ctDNA) constitue un matériel d’étude alternatif au tissu tumoral archivé.

Les auteurs ont analysé le ctADN de 3 334 patients atteints d’un cancer de prostate à l’aide d’un panel de 62 à 70 gènes (NGS) et ont comparé les résultats obtenus avec ceux du tissu tumoral de 835 d’entre eux (paires) et d’une cohorte externe de 2 006 patients.

94% des patients ont du ctDNA détectable, permettant de retrouver une altération génomique dans 85% des cas. Pour les échantillons appariés, il existe une excellente concordance (97%) pour la mise en évidence des altérations de BRCA1/2, avec des valeurs prédictives positives/négatives de 93/97%.

De façon intéressante, les analyses faites sur ctDNA mettent en évidence des anomalies moléculaires au moins à la même fréquence que celles retrouvées sur les prélèvements archivés, et retrouvent en plus des anomalies supplémentaires concernant en particulier le RA, non décelables sur le tissu tumoral (et vraisemblablement acquise sous pression de sélection des différentes hormonothérapies

Cette grosse série confirme donc l’intérêt majeur de la recherche des anomalies théranostiques présentes chez les patients atteints d’un cancer de prostate par le ctDNA.

 

Tukachinsky et al., ASCO GU 2021, Abs 25