WSG-ADAPT : design complexe mais résultats intéressants – épisode 2 :

Rédigé le 22/12/2020
Sylvain LADOIRE

Une seconde partie concernant l’essai allemand ADAPT ER+/HER2- a donc été présentée au SABCS virtuel 2020 par N Harbeck.

Les patientes concernées étaient candidates à une chimiothérapie adjuvante sur la base de leur risque évalué selon les critères usuels (cT2, ou cN+, ou grade 3, ou Ki67 >15%).

Là encore, les patientes bénéficiaient tout d’abord d’une hormonothérapie néoadjuvante de 3 semaines avec évaluation de la réponse du Ki67% grâce à une rebiopsie après cette période, et ont été inclues dans la cohorte des patientes qui n’ont reçu qu’une hormonothérapie adjuvante (pas de chimiothérapie) en raison soit d’un RS<12, soit d’un RS entre 12 et 25, mais avec une diminution du Ki67 après 3 semaine d’hormonothérapie première (Ki67<10%).

Ce sont les résultats du suivi de ces patientes qui ont été présentés :

  • La majeure partie (75%) des patientes avec un RS<25 avait un Ki67 < 10% après hormonothérapie première, ce qui ne concernait que 36% des tumeurs avec un RS>25

  • L’iDFS à 5 ans était excellente et non significativement différente entre les patientes avec un RS<12 et les patientes avec un RS 12-25 mais répondeuse à l’hormonothérapie première (93.9% vs 92.6%)

  • Dans ce contexte, il n’était bien sur pas noté de différence ni de dDFS, ni d’OS. Aucune différence non plus entre les 2 groupes que ce soit pour les patientes < ou > 50 ans, ou pour les tumeurs pN0 ou pN1 (avec toutefois une réserve pour les patientes avec 3N+, mais qui constituaient un sous groupe très faible numériquement)

Ces résultats vont dans le sens de ceux de l’essai POETIC récemment publié, et contribuent un peu plus à l’utilisation de la variation précoce de Ki67 sous hormonothérapie pour sélectionner les patientes, bonnes répondeuses à l’hormonothérapie et tirant le moins de bénéfice de la chimiothérapie adjuvante.

La question de savoir si le maintient d’un Ki67>10% sous hormonothérapie constitue à la fois un indicateur d’hormonorésistance ET de chimiosensibilité n’est pas forcément claire. Avec les données de TAILORx et de RxPONDER, la principale question résiduelle est finalement comment cette variation précoce du Ki67 pourrait aider à sélectionner les patientes préménopausées avec un RS<26 ne tirant pas de bénéfice de la chimiothérapie adjuvante.