Taxane oral : résultats de l’étude CONTESSA :

Rédigé le 22/12/2020
Sylvain LADOIRE

Il s’agit d’un essai randomisé de phase III ayant comparé chez des patientes traitées pour un cancer du sein ER+/HER2- métastatique (et préalablement exposées à un taxane en adjuvant ou néoadjuvant), une chimiothérapie par capécitabine (1250 mg/m2 BID 15 jours sur 21), à un bras expérimental de chimiothérapie orale associant capécitabine à dose réduite (825 mg/m2 BID 15 jours sur 21) et tesetaxel (un taxane par voie orale administré toutes les 3 semaines à la posologie de 27 mg/m2). Contrairement au paclitaxel et au docetaxel, le tesetaxel ne semble pas être un substrat de la P-gp (mécanisme de résistance commun aux taxanes), possède une bonne biodisponibilité orale, associée à une longue demi-vie plasmatique (8 jours, contre 12h pour les taxanes classiques).

685 patientes ont été randomisées. Plus de 90% avaient reçu une hormonothérapie et 50% environ d’entre elles avaient été préalablement traitées par inhibiteurs de CDK4/6. Moins de 10% des patientes inclues avaient déjà reçu une chimiothérapie en phase métastatique.

L’objectif principal de l’essai a été atteint avec une mPFS de 9.8 mo dans le bras expérimental vs 6.9 mo avec la capécitabine seule (p=0.003). Le taux de réponse objective a été également plus important (57% vs 41%) avec le bras expérimental

Concernant la tolérance, on notait plus de cytopénie (en particulier de neutropénie, dont 10% de neutropénie fébrile), plus de nausées, de troubles du transit, de neuropathie dans le bras expérimental. A noter l’alopécie fréquente avec le tesetaxel (28.2% dont 8% d’alopécie de grade 2). Les neuropathies de grade 3-4 étaient notées chez 5.9% des patientes du bras expérimental. Le % d’arrêt du traitement en raison d’effets secondaires était de 23% dans le bras expérimental vs 11.9% dans le bras standard. 58% des patientes ont du avoir recours à un G-CSF dans le bras expérimental, et 76% ont du avoir une réduction de dose (contre 58% dans le bras capecitabine seule)

Il s’agit donc d’une combinaison thérapeutique intéressante, mais bien sur plus toxique que la monothérapie, et nécessitant à ce titre une surveillance et des soins de support adaptés.

Les résultats d’OS de cette étude sont actuellement immatures et devraient être disponibles en 2022