L’importance des variables cliniques simples en plus des signatures moléculaires : nouvel exemple avec l’outil RSclin™

Rédigé le 22/12/2020
Sylvain LADOIRE

RSclin™ est un outil développé à partir du récurrence score (RS) fourni par le test OncotypeDx, et incorporant en plus des variables clinico-pathologiques standard ressortant indépendamment associées au pronostic dans un modèle de Cox multivarié (âge, taille tumorale, grade de la tumeur)

L’outil a été créé afin de définir à l’échelon individuel le bénéfice à 10 ans d’une chimiothérapie adjuvante pour les tumeurs ER+/HER2- pN0, et a été développé à partir des cohortes prospectives (essai TAILORx) et rétrospectives (NSABP B20 et B14) ayant servi à l’évaluation clinique du test OncotypeDx (N=10,004 patientes), puis secondairement validé de façon indépendante sur le registre Israélien CLALIT (N=1,098 patientes avec un test OncotypeDx).

L’ajout des variables clinico-pathologiques au RS permettait de mieux apprécier le risque de rechute que le RS seul ou les variables clinico-pathologiques seules.

Concernant le bénéfice absolu de la chimiothérapie adjuvante, celui-ci augmente avec le RS indépendamment du grade ou de la taille tumorale. L’amplitude du bénéfice absolu est par ailleurs d’autant plus importante que le grade ou la taille tumorale sont élevés (puisque le risque basal de rechute des tumeurs de haut grade est plus important).

L’estimation du risque de rechute prédit par RSclin™ sur le registre CLALIT était fortement corrélé aux rechutes effectivement observées (validation pronostique)

Le bénéfice individuel de l’ajout d’une chimiothérapie adjuvante à l’hormonothérapie pouvait être estimé par le RSclin™ et sans surprise, est d’autant plus important que le RS est élevé, et que les caractéristiques clinico-pathologiques sont défavorables : il est ainsi possible d’estimer pour chaque patiente avec un résultat de RS, un bénéfice de la chimiothérapie en intégrant l’âge, la taille et le grade tumoral. A titre d’exemple, pour une petite tumeur de 15 mm de grade 2 chez une patiente de 55 ans, le bénéfice absolu de la chimiothérapie adjuvante varie de 0 à +15% en fonction du RS

L’absence de validation externe de ce travail sur une cohorte indépendante de patiente avec randomisation de la chimiothérapie est une limite à cet outil, mais celui-ci peut néanmoins servir de support aux discussions de décisions de traitement autour de dossiers individuels.

Ces résultats viennent d’être publiés dans le Journal of Clinical Oncology