Alopécie

Alopécie


Quelles sont les chimiothérapies alopéciantes?

  • Toutes les chimiothérapies ne sont pas alopéciantes. L’ensemble du système pileux est touché (poils, barbe, moustache, cils...).

Chimiothérapies peu ou non alopéciantes: pas de nécessité de perruques en principe

  • 5FU (5 fluoro uracil)
  • Capécitabine (Xéloda)
  • Cislatine (cisplatyl)
  • Carboplatine (Paraplatine)
  • Oxaliplatine (Eloxatine)
  • Raltitrexed (Tomudex)
  • Premetrexed (Alimta)
  • Gemcitabine (Gemzar)
  • Blémoymcine (bléomycine)
  • Trabectidine (Yondélis)

Chimiothérapies moyennement alopéciantes: prescription de perruque si besoin

  • Mitoxantrone (Novantrone)
  • Méthotrexate
  • Vinorelvine (Navelbine)
  • Vinblastine (Velbé)
  • Vincristine (Oncovin)
  • Irinotécan (Campto)
  • Topotécan (Hycantin)
  • Doxorubicine liposomale (Caelyx, Myocet)
  • Mitomycine (Amétycine)

Chimiothérapies fortement alopéciantes: perruque à prévoir d’emblée

  • Cyclophosphamide (Endoxan)
  • Doxorubicine (Adriablastine)
  • Epirubicine (Farmorubicine)
  • Paclitaxel (Taxol)
  • Docetaxel (Taxotere)
  • Busulfan (Myléran)
  • Etoposide (Vépéside)
  • Ifosfamide (Holoxan)
  • Eribuline (Halave,)
  • Nano-Paclitaxel) (Abraxane)

A quel moment survient l’alopécie?

  • Selon le type de chimiothérapie, la chute des cheveux survient entre la deuxième et la quatrième semaine après la 1ère cure.
  • Les cils et les sourcils sont, en principe, les derniers à chuter (4 à 6 semaines après la 1ère cure
  • Possibilité de douleur du cuir chevelu les jours précédents la chute des cheveux.

Et la radiothérapie?

  •  La radiothérapie encéphalique entraîne une chute des cheveux (exceptionnellement irréversible). Les sourcils peuvent également tomber.

Et les thérapies ciblées?

  •  En principe, elles n’entrainent pas d’alopécie mais fréquemment une modification de la texture des cheveux qui peuvent devenir frisés, cassants, ou dépigmentés).
  •  L’alopécie modérée est possible avec les inhibiteurs de l’EGFR (alopécie frontale), le sorafénib et le sunitinib (modification de la pigmentation) et les anti- aromatases.

Que peut- on proposer?

  • Les casques réfrigérants : leur efficacité est très variable selon le type de chimiothérapie. Ils peuvent être source d’inconfort (céphalées...).
  • Contre-indications: métastase cuir chevelu, localisations cérébrales ou risque de localisations cérébrales (tumeur pulmonaire à petites cellules, maladie hématologique).
  • Le seul produit ayant montré une efficacité est le Minoxidil 2%, non pas en prévenant l’alopécie mais en accélérant la phase de repousse.
  • En cas de folliculite du cuir chevelu : proposer un traitement dermatologique (antibiotiques locaux ou généraux en fonction de la sévérité, éventuellement dermocorticoïdes).
  • Toujours conseiller, notamment en cas de prurit du cuir chevelu, l’utilisation de produit d’hygiène doux, sans savon, au pH neutre, et l’application d’émollient adapté quotidien.
  • Les prothèses capillaires (perruque, turbans...) : prise en charge à hauteur de 125 euros (sur ordonnance) par l’assurance maladie, complément variable selon les mutuelles. Les patients bénéficiant uniquement de la CMU sont couverts à hauteur de 125 euros. Des demandes d’aide auprès de diverses associations sont parfois possibles (contacter le service social).
  • Des techniques de maquillages des cils et des sourcils (pochoirs, tatouage permanent) peuvent donner de bons résultats.

La repousse

  • Les cheveux commencent à pousser un mois après l’arrêt de la chimiothérapie.
  • Il faut en principe 3 mois pour une coupe courte (1cm/mois). Il existe un risque d’alopécie définitive, souvent partielle et très rare mais possible notamment après utilisation des taxanes.
  • En cas de non repousse après 6 à 12 mois, un bilan d’alopécie doit être fait avant de conclure à une alopécie permanente (thyroïde, fer, zinc..).
  • Les cheveux ont souvent un aspect différent à la repousse (plus fins, frisés, ou parfois blancs...)
  • Il n’existe pas de contre-indication formelle à la réalisation de coloration, si ce n’est le risque d’irritation du cuir chevelu. Préférer initialement des colorations non permanentes naturelles moins agressives (sans ammoniaque, sans parabène)

Quelques conseils pratiques ?

  • Informer les patients du risque d’alopécie.
  • Couper les cheveux courts avant la chimiothérapie.
  • Accompagnement esthétique (prothèse capillaire, conseil de maquillage…)
  • Se laver les cheveu la veille ou le matin même de la chimiothérapie puis attendre 3 à 4 jours après la cure avant de les mouiller de nouveau.
  • Produit d’hygiène doux, sans savon, pH neutre et émollient quotidien.
  • Eviter de se sécher les cheveux avec un appareil trop chaud.
  • Mouiller les cheveux à l’eau froide.
  • Utiliser une brosse souple.
  • Eviter ou se protéger du soleil (Protecteur solaire indice 50+)

Grade

Grade (OMS)

1

Perte de cheveux

2

Alopécie modérée en plaque

3

Alopécie complète mais réversible

4

Alopécie complète mais irréversible

Références bibliographiques



Dossier du CNHIM – 2008 – Anticancéreux : utilisation pratique
Dermatologie des traitements anticancéreux, Vincent Sibaud, Jean-Pierre Delord, Caroline Robert.