Octréotide


SANDOSTATINE L.P®

MODE D'ACTION

L'octréotide est un octapeptide de synthèse aux propriétés apparentées à celles de la somatostatine naturelle.

Isolée initialement au niveau de l'hypothalamus, la somatostatine inhibe la sécrétion de l'hormone de croissance (GH) ainsi que la libération d'hormone thyréotrope (TSH).

Au niveau du tractus digestif, les actions physiologiques de cette hormone sécrétée par les cellules D du pancréas sont principalement inhibitrices:

  • sur les sécrétions endocrines pancréatiques: insuline, glucagon et. polypeptide pancréatique;
  • sur les sécrétions peptidergiques gastro-intestinales: gastrine, sécrétine, cholécystokinine, entéroglucagon, VIP, motiline;
  • sur les sécrétions exocrines de l'estomac, de l'intestin, du pancréas et sur les sécrétions biliaires;
  • sur la motricité gastro-intestinale et biliaire;
  • sur le flux sanguin splanchnique.

L'acétate d'octréotide diffère de la somastostatine par:

  • une action beaucoup plus prolongée et plus intense que celle de la somatostatine naturelle, permettant l'administration en 2 ou 3 injections quotidiennes;
  • une plus grande sélectivité vis-à-vis de la sécrétion de GH et de glucagon;
  • l'absence d'effet rebond lors de l'arrêt du traitement.

Tumeurs carcinoïdes: L'administration d'octréotide peut entraîner une amélioration des symptômes, notamment des bouffées vasomotrices et de la diarrhée. Dans nombre de cas, cela s'accompagne d'une diminution des taux plasmatiques de sérotonine et de l'élimination urinaire d'acide 5-hydroxy-indole acétique.

Vipomes: Ces tumeurs ont pour caractéristiques biologiques une surproduction de peptide intestinal vasoactif (VIP).

Dans la plupart des cas, l'administration d'octréotide permet un soulagement de la diarrhée sécrétoire sévère qui caractérise cette affection, ce qui contribue à améliorer la qualité de vie des patients. Cela s'accompagne d'une amélioration des troubles électrolytiques associés (notamment de l'hypokaliémie), ce qui permet de suspendre les apports hydro électrolytiques par voies entérale et parentérale. Chez certains patients, les contrôles tomodensitométriques suggèrent un ralentissement ou un arrêt de l'expansion tumorale, voire une régression de la tumeur, notamment des métastases hépatiques. L'amélioration clinique s'accompagne généralement d'un abaissement des taux sériques de VIP qui peuvent même revenir dans les limites de la normale.

Glucagonomes: L'administration d'octréotide entraîne, dans la plupart des cas, une amélioration significative de l'exanthème migratoire nécrolytique qui est caractéristique de l'affection. L'octréotide n'a qu'un effet peu marqué sur le diabète léger fréquemment associé et, en règle générale, ne réduit pas les besoins en insuline ou en hypoglycémiants oraux. Chez les patients porteurs de glucagonomes, l'octréotide améliore la diarrhée, permettant ainsi un gain pondéral.

L'administration d'octréotide induit fréquemment une réduction immédiate des taux plasmatiques de glucagon, mais cet abaissement ne persiste généralement pas lors d'une administration prolongée, bien que l'amélioration de la symptomatologie se poursuive.

POSOLOGIE

Chez les patients dont les symptômes cliniques sont correctement stabilisés par la Sandostatine par voie sous-cutanée, il est conseillé de débuter le traitement par l’administration de 20 mg de Sandostatine L.P. toutes les 4 semaines. L’administration sous-cutanée de Sandostatine doit être poursuivie à la même posologie efficace que précédemment pendant les 2 semaines qui suivent la première injection de Sandostatine L.P.

Chez les patients non antérieurement traités par la Sandostatine par voie sous-cutanée, il est recommandé de débuter par l’administration de Sandostatine par voie sous-cutanée à la dose de 100 microgrammes trois fois par jour pendant une courte période (environ 2 semaines) afin d’évaluer la réponse et la tolérance systémique du patient à l’octréotide avant d’instaurer le traitement par Sandostatine L.P. comme décrit ci-dessus.

Chez les patients dont les symptômes et les marqueurs biologiques sont parfaitement normalisés après 3 mois de traitement, la posologie peut être réduite à 10 mg de Sandostatine L.P. toutes les 4 semaines.

Chez les patients dont les symptômes ne sont que partiellement stabilisés après 3 mois de traitement, la posologie peut être augmentée à 30 mg de Sandostatine L.P. toutes les 4 semaines.

Durant les périodes où les symptômes liés aux tumeurs endocrines digestives s’intensifient, malgré l’administration de Sandostatine L.P., il est recommandé d’administrer simultanément de la Sandostatine par voie sous-cutanée à la dose qui était pratiquée avant l’instauration du traitement par Sandostatine L.P. Un tel cas peut survenir, essentiellement au cours des 2 premiers mois de traitement alors que les concentrations thérapeutiques efficaces d’octréotide n’ont pas encore été atteintes.

CLASSE THERAPEUTIQUE

Hormone Hypothalamique

MODE DE PRISE

  • Administrée en injection intramusculaire profonde
  • En cas d’administration répétée, l’injection doit être effectuée alternativement dans le muscle fessier droit et gauche.

INDICATION

Tumeurs neuro-endocrines : vipomes, tumeurs carcinoïdes, glucagonomes

INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES

  • Ciclosporine
  • Insuline, antidiabétiques glitazones, repaglinide et sulfamides hypoglycémiants
  • Produits métabolisés par le cytochrome P450 dont particulièrement le CYP3A4

Base de données publique du Médicament