Methotrexate


LEDERTREXATE ®

MODE D'ACTION

Antinéoplasique cytostatique du groupe des antifolates. Il agit comme antimétabolite.

Le principal mode d'action du méthotrexate est d'être un inhibiteur compétitif de l'enzyme dihydrofolate-réductase. Cette enzyme permet de réduire l'acide dihydrofolique en différents acides tétrahydrofoliques. Cette étape est nécessaire à la synthèse d'ADN.

Le méthotrexate inhibant ainsi la synthèse d'ADN entraîne l'inhibition de la prolifération cellulaire. Ainsi s'expliquent, au moins partiellement, son effet antinéoplasique et une partie des ses effets secondaires.

POSOLOGIE

  • IV : selon l’indication, est utilisé en monothérapie ou en association, à des doses usuelles ou à hautes doses
    • Doses usuelles : 15 à 50 mg/m2  toutes les semaines ou 100 à 500mg/m2 toutes les 2-3 semaines
    • Hautes doses : 1 à 12 g/m2 toutes les 2-3 semaines
  • Intra-rachidien : 10mg/m2 sans dépasser 15mg, pendant 1 à plusieurs jours, cycles de 2 à 6 semaines
  • IM : 25 mg/m2 toutes les 3 semaines
  • Intra-artériel : réservé à certaines tumeurs selon leur localisation anatomique : 20-50mg/24h

CLASSE THERAPEUTIQUE

 

MODE DE PRISE

Méthotrexate à haute dose :

  • Hydratation abondante pour une diurèse alcaline afin de faciliter l’excrétion et d’éviter une précipitation intratubulaire du methotrexate : perfusion de bicarbonates de sodium isotonique 1,4% prolongée tant qu’il persiste une concentration sérique de MTX détectable
  • Surveillance clinique : poids, diurèse des 24 h, pH urinaire > 7 à chaque miction pendant 48 h, état de la muqueuse buccale, troubles digestifs (hydratation et sauvetage IV si vomissements)
  • Surveillance biologique : créatininémie, NFS, bilan hépatique
  • Méthotrexatémie : selon le protocole et jusqu’à élimination
  • « Sauvetage » par acide folinique, antidote du MTX pour reconstituer la réserve cellulaire, rétablir la synthèse des nucléotides afin de limiter la toxicité du MTX : administration séquentielle d’acide folinique débutée 24 à 36 heures après l’injection de MTX à des doses de 15 à 25 mg à répéter scrupuleusement toutes les six heures pendant 48 à 72 heures et à adapter aux dosages de MTX.
  • Hypoalbuminémie ou troisième secteur peuvent être à l’origine d’une élimination prolongée.

Méthotrexate à doses intermédiaires (≥ 100 mg/m2 et < 1 g/m2) nécessite au minimum une hydratation alcaline orale et une surveillance régulière de la NFS, créatininémie et bilan hépatique. L’adjonction d’acide folinique 6 à 24 heures après le méthotrexate est conseillée.

INDICATION

  • Choriocarcinome placentaire, môle hydatiforme
  • Adénocarcinomes mammaires et ovariens, traitement adjuvant ou après rechute
  • Carcinomes de voies aérodigestives supérieures
  • Carcinomes urothéliaux 
  • Carcinomes des bronches à petites cellules, en rechute
  • Localisations méningées tumorales : méningites carcinomateuses : en prévention ou en traitement
  • Leucémies aiguës lymphoblastiques : traitement d’entretien
  • Leucémies aiguës lymphoblastiques de l’enfant : traitement de consolidation et prophylaxie de l’atteinte du système nerveux central
  • Lymphomes malins non hodgkiniens
  • Ostéosarcomes

INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES

  • Médicaments interférant avec l’excrétion rénale du méthotrexate et susceptibles de majorer la toxicité : AINS, probénécide, triméthoprimepénicillinesproduits de contraste iodés, aminosides, organoplatines, ciclosporine
  • Inhibition additive de la DHFR susceptibles de majorer la toxicité : triméthoprime
  • Augmentation des concentrations plasmatiques de méthotrexate par déplacement de sa liaison aux protéines plasmatiques : salicylés, sulfamides antibactériens (triméthoprime)
  • Vaccins vivants atténués : risque de maladie vaccinale généralisée mortelle
  • Immunosuppresseurs : ciclosporine, tacrolimus, sirolimus: immunodépression excessive avec risque de pseudo-lymphome

Base de données publique du Médicament