Interféron Alpha 2b


IntronA ®

MODE D'ACTION

IntronA est une forme stérile, stable d’interféron alfa-2b hautement purifié, obtenu par les techniques de l’ADN recombinant. L’interféron alfa-2b recombinant est une protéine hydrosoluble ayant un poids moléculaire d’environ 19 300 daltons. Il est obtenu à partir d’un clone d’E. coli qui abrite un plasmide hybridé par génie génétique renfermant un gène d’interféron alfa-2b humain leucocytaire.

Les interférons sont une famille de petites molécules protéiques d’un poids moléculaire d’environ 15 000 à 21 000 daltons. Ils sont produits et sécrétés par les cellules en réponse à des infections virales ou à différents inducteurs synthétiques et biologiques. Trois classes majeures d’interférons ont été identifiées : alpha, bêta et gamma. Ces trois classes principales ne sont pas elles-mêmes homogènes et peuvent regrouper plusieurs espèces moléculaires différentes d’interféron. Plus de 14 interférons alpha humains génétiquement différents ont été identifiés. IntronA a été classé comme interféron alfa-2b recombinant.

Les interférons exercent leurs activités cellulaires en se fixant à des récepteurs spécifiques de la membrane cellulaire. Les récepteurs de l’interféron humain, isolés de lymphoblastes humains (Daudi), se révèlent être des protéines hautement asymétriques. Ils font preuve de sélectivité pour les interférons humains, mais pas pour les interférons murins ce qui suggère une spécificité d’espèce. Des études effectuées avec d’autres interférons ont permis de démontrer cette spécificité d’espèce. Cependant, certaines espèces de singes comme le singe rhésus, sont sensibles à une stimulation pharmacodynamique après exposition à des interférons humains de type 1.

Les résultats de plusieurs études suggèrent qu’une fois fixé à la membrane cellulaire, l’interféron déclenche une séquence complexe de réactions intracellulaires et notamment l’induction de certaines enzymes. On pense que ce processus est responsable, du moins en partie, des diverses réponses cellulaires à l’interféron, telles que l’inhibition de la réplication virale dans les cellules infectées par des virus, la suppression de la prolifération cellulaire et des activités immunomodulatrices comme l’augmentation de l’activité phagocytaire des macrophages et l’augmentation de la cytotoxicité spécifique des lymphocytes pour les cellules cibles. Ces activités, dans leur ensemble ou individuellement, pourraient contribuer aux effets thérapeutiques de l’interféron.

L’interféron alfa-2b recombinant a fait preuve d’effets anti-prolifératifs dans des études utilisant à la fois des systèmes de cultures cellulaires animales et humaines et des hétérogreffes de tumeurs humaines chez l’animal. Il a révélé une activité immunomodulatrice significative in vitro.

L’interféron alfa-2b recombinant inhibe également la réplication virale in vitro et in vivo. Bien que le mode d’action antiviral exact de l’interféron alfa-2b recombinant ne soit pas connu, il semble modifier le métabolisme de la cellule hôte. Cette action inhibe la réplication virale ou, si celle-ci se produit, les virions fils sont incapables de quitter la cellule.

POSOLOGIE

Tumeurs carcinoïdes : 5 millions d’UI (3 à 9 millions d’UI), trois fois par semaine (tous les deux jours). Les patients avec une pathologie évoluée peuvent nécessiter une dose quotidienne de 5 millions d’UI. Le traitement doit être interrompu de façon transitoire avant et après la chirurgie.

Mélanome malin :

  • En traitement d’induction, 20 millions d’UI/m² par jour pendant cinq jours par semaine sur une période de 4 semaines.
  • En traitement d’entretien, 10 millions d’UI/m², trois jours par semaine (tous les deux jours) pendant 48 semaines.
  • En cas d’apparition d’effets indésirables sévères, interrompre temporairement le traitement jusqu’à la disparition de l’effet indésirable. Le traitement par interféron alfa-2b doit être repris à 50 % de la dose antérieure. Si l’intolérance persiste, interrompre le traitement par interféron alfa-2b.

CLASSE THERAPEUTIQUE

Cytokine, Immunomodulateur, Immunostimulant, Interféron

MODE DE PRISE

Voie sous-cutanée ou voie intraveineuse en perfusion

INDICATION

  • Leucémie à tricholeucocytes
  • Leucémie myéloïde chronique avec chromosome Philadelphie positif ou translocation bcr/abl positive, en monothérapie
  • Myélome multiple : traitement d’entretien chez les patients ayant obtenu une rémission objective (plus de 50 % de réduction des protéines du myélome) à la suite d’une chimiothérapie d’induction initiale
  • Lymphomes folliculaires : traitement des lymphomes folliculaires de masse tumorale élevée en association à un protocole de chimiothérapie d’induction appropriée de type CHOP. La masse tumorale élevée est définie par la présence de l’un au moins des critères suivants : masse tumorale à l’origine (> 7 cm), atteinte d’au moins trois sites ganglionnaires (chacun > 3 cm), présence de symptômes systémiques (perte de poids > 10 %, fièvre > 38°C pendant plus de 8 jours, ou sueurs nocturnes), splénomégalie dépassant l’ombilic, syndrome de compression ou d’obstruction d’un organe majeur, atteinte orbitaire ou épidurale, épanchements séreux ou leucémie.
  • Tumeurs carcinoïdes avec atteinte ganglionnaire ou métastases hépatiques en présence d’un « syndrome carcinoïde »
  • Mélanome malin : traitement adjuvant chez des patients dont la rémission a été obtenue par chirurgie, mais considérés comme à haut risque de rechute systémique, par exemple les patients ayant une atteinte primaire ou secondaire des ganglions lymphatiques (clinique ou histologique).

INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES

  • Les narcotiques, hypnotiques et sédatifs doivent être administrés avec précaution lorsqu’ils sont utilisés de façon concomitante avec IntronA.
  • Les interactions entre IntronA et les autres médicaments n’ont pas été complètement évaluées.
  • Des précautions doivent être prises lors de l’administration d’IntronA en association avec d’autres agents potentiellement myélosuppresseurs.
  • Le shosaikoto, une plante médicinale chinoise

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