Irinotecan


CAMPTO ® 

MODE D'ACTION

L'irinotécan est un dérivé hemi-synthétique de la camptothécine. Il s'agit d'un agent antinéoplasique qui agit comme inhibiteur spécifique de l'ADN topoisomérase I.

L'irinotécan est métabolisé par la carboxylestérase dans la plupart des tissus en un métabolite actif, le SN-38 qui s'est révélé plus actif que l'irinotécan sur la topoisomérase I purifiée et plus cytotoxique sur plusieurs lignées de cellules tumorales murines ou humaines.

L'inhibition de l'ADN topoisomérase I par l'irinotécan ou le SN-38 induit des lésions simple-brin de l'ADN qui bloquent la fourche de réplication de l'ADN et sont responsables de l'activité cytotoxique. Celle-ci est fonction du temps du contact avec les cellules et est spécifique de la phase S.

In vitro, l'irinotécan et le SN-38 ne sont pas significativement reconnus par la P-glycoprotéine MDR et exercent des effets cytotoxiques sur des lignées cellulaires résistantes à la doxorubicine et à la vinblastine.

Par ailleurs, l'irinotécan possède un large spectre d'activité antitumorale expérimentale in vivo sur les tumeurs murines (adénocarcinome du canal pancréatique PO3, adénocarcinome mammaire MA 16/C, adénocarcinomes coliques C38 et C51) et sur des xénogreffes humaines (adénocarcinome colique Co-4, adénocarcinome mammaire Mx-1, adénocarcinomes gastriques ST-15 et SC-16). L'irinotécan est également actif sur des tumeurs murines exprimant la P-glycoprotéine MDR (leucémies P388 résistants à la vincristine ou à la doxorubicine).

Le principal effet pharmacologique de l'irinotécan non lié à son activité antitumorale est l'inhibition de l'acétylcholinestérase.

POSOLOGIE

En monothérapie (chez les patients prétraités) :

  • 350 mg/m2 toutes les 3 semaines

En association (chez les patients non prétraités) :

  • 180 mg/m2 toutes les 2 semaines, suivie d’une perfusion d’acide folinique et de 5- fluoro-uracile
  • En cas d’association à un anticorps monoclonal anti EGFR, la dose d’irinotécan est identique à celle des derniers cycles à base d’irinotécan et son administration réalisée au moins une heure après la fin de la perfusion de l’anticorps.

Ajustements posologiques :

La posologie de CAMPTO devra être réduite de 15 à 20% en cas de :

  • toxicité hématologique : neutropénie grade 4, neutropénie fébrile, thrombopénie et leucopénie (grade 4),
  • toxicité non hématologique (grade 3- 4).

Adaptation posologique selon le taux de bilirubine :

  • bilirubine jusqu’à 1,5 fois la limite supérieure de la normale (LSN) : pas d’adaptation
  • bilirubine entre 1,5 et 3 fois la LSN, la posologie recommandée d’Irinotecan est de 200 mg/m2
  • bilirubine supérieurs à 3 fois la LSN : suspendre le traitement

CLASSE THERAPEUTIQUE

  • Cytotoxique, Inhibiteur de topoisomérase I

MODE DE PRISE

Perfusion intraveineuse de 30 à 90 minutes :

  • En monothérapie chez les patients pré-traités : toutes les 3 semaines
  • En association chez les patients non pré-traités : toutes les 2 semaines

En cas d’association avec un anticorps monoclonal, administrer après un délai minimal d’une heure

INDICATION

Cancer colorectal avancé ou métastatique 

  • En association avec le 5-fluorouracile (5-FU) et l’acide folinique chez les patients n’ayant pas reçu de chimiothérapie antérieure pour le stade avancé de leur maladie
  • En monothérapie après échec d’un traitement ayant comporté du 5-fluorouracile
  • En association avec le cetuximab, il est indiqué dans le traitement des patients présentant un cancer colorectal métastatique avec les gènes RAS de type sauvage (exons 2, 3 et 4 des gènes KRAS et NRAS) ou après échec d’une chimiothérapie incluant de l’irinotécan.
  • En association avec le 5-fluorouracile, l’acide folinique et le bevacizumab, ou avec la capécitabine avec ou sans bevacizumab, il est indiqué dans le traitement de première ligne des patients présentant un carcinome métastatique du colon ou du rectum.

INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES

  • Interaction non établie avec les agents bloquants neuromusculaires
  • Anti-convulsivants inducteurs du cytochrome CYP450 3A4 comme la carbamazépine, le phénobarbital ou la phénytoïne
  • Inhibiteurs du cytochrome CYP450 3A4 comme le kétoconazole, le sulfate d’atazanavir ou inducteurs du cytochrome CYP450 3A4 comme la rifampicine, la carbamazépine, le phénobarbital ou la phénytoïne
  • Millepertuis
  • Anticoagulants oraux
  • Vaccin antiamarile (contre-indiqué)
  • Vaccins vivants atténués
  • Immunosuppresseurs (ciclosporine, tacrolimus)

Base de données publique du Médicament