Cachexie en Oncologie : nouvelles recommandations ESMO 2021

Rédigé le 05/05/2021
Siavoshe AYATI

De nouvelles recommandations ont été publiées sur la gestion de la cachexie en Oncologie par le groupe ESMO.

Ces recommandations couvrent le dépistage, l’évaluation et la gestion multimodale de celle-ci.

La cachexie est défnie comme un état complexe sous diagnostiqué et sous-traité.

La perte de poids signe souvent un cancer avancé associé à un certain nombre de troubles physiopathologiques. D’autres facteurs sont associés : une diminution des apports alimentaires, une réduction de l’activité physique, des effets anaboliques associés à des modifications métaboliques entraînant une inflammation systémique et une activation du catabolisme.

Des ressources diminuées sont associés à une toxicité accrue du traitement : durée de traitement plus courte, doses de chimiothérapie plus faibles, taux de réponse plus faibles, complications chirurgicales augmentées et mortalité plus élevée.



Sur le dépistage on retiendra :

  • La nécessité d’un dépistage standardisé à intervalle régulier pour tous les patients en cours de traitement et dont l’espérance de vie est d’au moins quelques mois ( 3 à 6 mois ).
  • Une prise en charge par des conseils, du soutien, de l’éducation ainsi qu’un soutien psychologique et palliatifs pour tous les patients.
  • Les patients avec un dépistage négatif doivient bénéficier de nouveaux dépistages réguliers (tous les 3 mois, nouvel événement, nouvelle chimiothérapie)

Le soutien alimentaire comprend: une prise en charge globale avec différentes indications pour les compléments alimentaires, alimentation entérale et parentérale.



Pour les interventions médicamenteuses :

  • Les corticoides peuvent être utilisés pour augmenter l’appétit sur une courte période (2-3 semaines)
  • Les progestatifs peuvent être utilisés pour augmenter l’appétit mais sans bénéfice sur la masse musculaire, la qualité de vie ou la fonction physique avec de nombreux effets indésirables.
  • Pas d’évidence à ce jour sur l’utilisation de cannabis et de ses dérivés (anorexie et satiété)
  • Il existe des preuves modérées sur l’utilisation de l’olanzapine (appétit et nausée)
  • Pas d’évidence sur l’utilsiation des AINS, du metoclopramide, la domperidone et des régimes spécifiques


Les soins de cachexie doivent intégrer un dépistage de routine avec des soins modernes, multimodales combinant soutien en nutrition, activité physique, psychologie, oncologie, soins palliatifs et réadaptation.