VIH et Cancer du sein: Des données sur la survie globale et les caractéristiques clinicobiologiques !

Rédigé le 08/03/2021
Siavoshe AYATI

Cette belle méta analyse a comparé les caractéristiques clinicopathologiques au moment du diagnostic et la survie globale chez les patientes vivant avec un VIH (WLWH) porteuse d’un cancer du sein par rapport aux femmes séronégatives.

La survie des patientes VIH + est en augmentation grâce à l’efficacité des traitements antirétroviraux. Le risque de développement de cancer du sein dans cette population augmente avec l’âge comme pour le reste de la population générale.
Les patientes vivant avec un VIH représentent 1% des cancer du sein, mais cette proportion peut aller jusqu’à 26% dans les régions endémiques (Afrique Subsaharienne).
La répartition de sous-types classiques (RO/RP/HER2) et sous-types intrinsèques (luminal A, B, HER2, Basal like) entre les patientes VIH + et – est peu connue.

Les résultats ont porté sur l’analyse de 18 publications (4 aux Etats-Unis, 14 en Afrique Subsaharienne) pendant la période 1996 – 2018 :

  • Les proportions des patientes étaient de : 3174 WLWH (0.13%) et 2 394 598 HIV négative (99,87%)
  • Les WLWH avaient un risque accru de maladie stade III/IV (pOR à 1.76 aux Etats Unis et 1.23 en Afrique Subsharienne)
  • Les patientes d’origine subsaharienne présentaient moins de sous type RO+/HER2-(pOR à 0.81)
  • Le risque de décès était plus élevé chez les WLWH aux Etats Unis (risque accru 2.45 ; 1.77 en supprimant le rapport de Coghill très élevé à 4.62 ; tous les rapports étaient supérieurs à 1).
  • La mortalité était plus élevée chez les WLWH d’origine Subsaharienne RR 1.58

Cette étude confirme que les patientes vivant avec un VIH porteuses d’un cancer du sein ont au moment de leur diagnostic une maladie plus avancée et ont une probabilité plus faible de présenter un sous type RO+/HER2-.
La survie globale dans cette population est moins bonne par rapport aux patientes séronégatives, avec ajustement aux facteurs pronostiques connus (nulliparité, âge à la première naissance, allaitement et âge à la ménarche / ménopause)

Plusieurs questions restent en suspens :

  • Une infection à HIV prédispose-t-elle à développer un sous-type en particulier ?
  • Un taux de CD4 diminué est-il corrélé à une moins bonne survie ?
  • Cette méta analyse exclusivement Américaine et d’Afrique Subsaharienne peut-elle s'extrapôler en Europe ?

Brandão M, Bruzzone M, Franzoi MA, et al. Impact of HIV infection on baseline characteristics and survival of women with breast cancer. AIDS. 2021;35(4):605-618. doi:10.1097/QAD.0000000000002810