ASCO-GU 2021: Et la chimiothérapie adjuvante dans les tumeurs urothéliales du haut appareil ? mise à jour de l’essai POUT

Rédigé le 16/02/2021
Sylvain LADOIRE

Nous avions fait des résultats de l’essai adjuvant POUT un standard de prise en charge pour le traitement adjuvant des patients opérés d’un carcinome urothélial de la voie excrétrice. Cet essai britannique avait en effet montré un bénéfice très significatif en termes de DFS à une chimiothérapie adjuvante par sel de platine (cisplatine ou carboplatine) + gemcitabine, avec une tendance également à l’amélioration de la survie globale (sans que les données définitives soient encore matures).

C’est donc une mise à jour de cet essai, avec 18 mois de recul supplémentaire (follow-up median de 49.2 mois), qui a été présenté à l’ASCO-GU.

Le bénéfice en DFS et en MFS reste très significatif avec une réduction de 50% du risque de rechute et de métastase, mais au final, le bénéfice numérique en OS est non significatif du point de vue statistique avec une survie globale à 3 ans de 79% dans le bras chimiothérapie et 67% dans le bras surveillance (HR 0.70 [0.46-1.06], p=0.09). Dans ce contexte, il est intéressant de noter que dans le bras surveillance, 65% des patients ont reçu un traitement systémique à la progression contre 45% dans le bras chimiothérapie.

Comme pour les cancers de vessie, le traitement adjuvant immédiat est donc capable de significativement décaler dans le temps des rechutes (sans doute au prix du traitement de patients qui n’en ont pas besoin), mais il n’est pas certain que cette attitude guérisse définitivement plus de patients, et soit plus efficiente qu’un traitement réalisé au moment de la rechute.

Il faudra donc raisonner avec ces résultats pour prendre des décisions en concertation avec les patients lorsqu’il s’agira de discuter des indications de traitements adjuvants.

 

Birtle et al., ASCO GU 2021, Abs455