ASCO-GU 2021: L’immunothérapie adjuvante perce dans les cancers de vessie opérés et à très haut risque de rechute :

Rédigé le 16/02/2021
Sylvain LADOIRE

L’étude CheckMate 274 est une étude de phase III ayant randomisé 699 patients opérés d’un cancer  urothélial (79% de tumeur de vessie et 21% de tumeurs du haut appareil) localisé à très haut risque de rechute, à savoir :

  • ypT2-T4a ou ypN+ après chimiothérapie néoadjuvante à base de cisplatine,

  • ou pT3-T4a ou pN+ en l’absence de chimiothérapie néoadjuvante et d’éligibilité (ou refus) à une chimiothérapie adjuvante à base de cisplatine.

    Les patients ont reçu en post opératoire soit du nivolumab, soit un placebo tous les 15 jours pendant 1 an.

L’objectif principal de l’essai était l’amélioration de la DFS dans la population globale et la population avec une tumeur PD-L1 + (28-8 pharmDx, 40% des tumeurs).

Avec un suivi médian de 20 mois, le traitement adjuvant par nivolumab a significativement amélioré la DFS par rapport au groupe placebo, dans la population globale (HR 0.70 [IC98 0.54-0.89], p<0.001, et encore plus dans la population PD-L1+ (HR 0.53 [IC98 0.34-0.84], p<0.001).

La survie sans métastase était également significativement améliorée, mais en revanche les données de survie globales sont encore actuellement immatures.

La tolérance était conforme a ce qui est attendu avec une monothérapie anti-PD-1 (à noter 2 décès toxiques par pneumopathie interstitielle rapportés au nivolumab). 13% des patients du bras nivolumab ont dû arrêter le traitement en raison d’une toxicité en rapport avec le traitement.

Ces résultats sont donc incontestablement positifs et contrastent avec ceux négatifs obtenus dans le même setting avec l’atezolizumab dans l’essai IMVigor 010. Pour autant, il semble important d’attendre les données de survie globale avant de faire du nivolumab adjuvant un standard dans cette population.

 

Bajorin et al., ASCO GU, Abs 391