ASCO-GU 2021: Chimiothérapie + immunothérapie : également dans le cancer de prostate métastatique résistant à la castration (mCPRC) ?

Rédigé le 16/02/2021
Sylvain LADOIRE

Les résultats des cohortes docétaxel + anti PD-1 émanant de 2 essais de phase II (cohorte B de l’étude KEYNOTE-365 (avec le Pembrolizumab), et étude CheckMate 9KD (avec le Nivolumab)) viennent d’être présentés à l’ASCO-GU virtuel 2021. Ces associations avec le docétaxel (75 mg/m2 toutes les 3 semaines) concernaient des patients traités pour un mCPRC.

 

L’association semble faisable, avec un profil de toxicité essentiellement lié au docétaxel. 45% des patients environ ont présenté des effets secondaires de grade 3-5

Il faut quand même signaler que 5 patients de l’étude Keynote 365 (sur 104) et 3 (sur 84) patients de l’étude CheckMate 9KD sont décédés de toxicités liées au traitement, dont 3 patients des suites d’une toxicité pulmonaire considérée comme en rapport avec l’immunothérapie.

Du point de vue de l’efficacité, on notait respectivement dans l’étude KEYNOTE-365 (avec le Pembrolizumab) et dans l’étude CheckMate 9KD (avec le Nivolumab) :

  • Des taux de réponse objective (chez les patients avec une maladie mesurable)

  • Une rPFS médiane de 8.5 et 9 mois

  • Une réponse PSA >50% dans 43.7% et 46.9%

  • Une OS médiane de 20.2 et 18.2 mois

Ces résultats d’efficacité peuvent être qualifiés d’encourageant (avec quand même une surveillance particulière des toxicités pulmonaires), mais ne semblent finalement pas très supérieurs aux résultats historiques des bras docétaxel seul des anciens essais randomisés, puisqu’on rappelle que jusqu’à présent, aucun essai de phase 3 d’association au docétaxel n’a montré sa supériorité au docétaxel seul au stade de mCPRC. Néanmoins, deux études de phase III (Keynote-921 et CheckMate 7DX) sont en cours pour tenter de démontrer la supériorité de l’association docetaxel + anti-PD-1 versus docetaxel seul chez les patients mCRPC pré-traités par une hormonothérapie de nouvelle génération.

Le souci est toujours le même, à savoir l’absence de l’identification très claire des patients susceptibles de tirer le plus de bénéfice d’une immunothérapie (TMB high ? MSI ? mutation CDK12 ? anomalie de la recombinaison homologue ?) au sein d’une maladie aussi hétérogène que le mCPRC.

 

Appleman et al., ASCO GU 2021, Abs 10

Fizazi et al., ASCO GU 2021, Abs 12