Comment évaluer la réponse histologique après chimiothérapie néoadjuvante pour évaluer au mieux le risque de rechute ?

Rédigé le 22/12/2020
Sylvain LADOIRE

L’évaluation histopathologique de la réponse à la chimiothérapie néoadjuvante (CNA) peut se faire classiquement selon la classification ypAJCC, selon le Residual Cancer Burden (RCB) qui tient compte à la fois de la taille de la tumeur résiduelle dans le sein et les ganglions, mais aussi de la cellularité tumorale. Ces 2 méthodes ont montré isolément que plus la quantité de maladie résiduelle était importante, moins bon était le pronostic à long terme après traitement. Le Neo-Bioscore (de 0 à 7) tient compte à la fois du stade pré et post CNA, mais aussi de critères pathologiques d’agressivité biologique ou d’absence de recours à une thérapie ciblée (négativité des ER, grade 3, négativité d’HER2).

Ces 3 systèmes ont été comparés les uns aux autres sur une cohorte poolée de 3730 patientes traitées par CNA et pour lesquelles l’ensemble de ces scores était évaluable. De façon intéressante, le recouvrement entre ces 3 classifications n’était pas parfait, laissant entrevoir un affinement possible de la classification pronostique. Toutefois l’étude spécifique des patientes ayant une pCR (ypAJCC) montrait que la connaissance du Neo-Bioscore n’apportait rien de plus dans cette population qui gardait un excellent pronostic à long terme quel que soit le Neo-Bioscore.

Pour les patientes en non-pCR, il existe une hétérogénéité pronostique qui est assez mal captée par la classification ypAJCC seule, et pour lesquelles le RCP et/ou le Neo-Bioscore apportent des informations pronostiques supplémentaires au sein de chaque catégorie ypAJCC (I, II, III) d’un degré variable en fonction du sous type moléculaire et du stade ypAJCC considéré.

L’avantage du Neo-Bioscore est qu’il s’agit d’un score très facile à calculer, qui pourrait donc devenir un standard pour la classification pronostique des patientes après CNA, afin d’isoler des patientes de mauvais pronostic nécessitant des traitements complémentaires