WSG-ADAPT : design complexe mais résultats intéressants – épisode 1 :

Rédigé le 22/12/2020
Sylvain LADOIRE

La chimiothérapie dose-dense est désormais le standard de traitement adjuvant/néoadjuvant des cancers du sein localisés à haut risque. Concernant le taxane utilisé, la place du nab paclitaxel et son rythme d’administration demeurent à préciser, notamment par rapport au paclitaxel

La partie néoadjuvante de l’essai allemand ADAPT dédié aux tumeurs ER+/HER2- vient d’être présentée au SABCS 2020 sous forme de 2 communications orales en « general session ».

Les patientes bénéficiaient tout d’abord d’une hormonothérapie néoadjuvante de 3 semaines avec évaluation de la réponse du Ki67% grâce à une rebiopsie après cette période. Les patientes à haut risque (N2-3, ou RS >25 (OncotypeDx), ou KI67 post hormono demeurant >10%) étaient randomisées entre 2 schémas de chimiothérapie néoadjuvante dose dense comprenant 4 EC et soit 8 nab paclitaxel hebdomadaires (125 mg/m2), soit 4 paclitaxel (175 mg/m2) tous les 15 jours.

L’obtention d’une réponse histologique complète (pCR) était plus importante :

  • En cas de RS > 25 (16% vs 7%), mais uniquement chez les patientes préménopausées (pCR=17%), et plus particulièrement chez les patientes non répondeuses à l’hormonothérapie première (Ki67 post hormono>10%)(pCR=21.4%)

  • Chez les patientes ayant reçu le nab-paclitaxel (20.8% vs 12.9% pour le bras paclitaxel)

Cette partie de l’étude valide donc de façon prospective le RS >25 comme facteur prédictif de chimiosensibilité, et semble indiquer un bénéfice très faible de la chimiothérapie chez des patientes avec un RS<25 ou un RS>25 mais répondeuses à l’hormonothérapie sur une évaluation dynamique rapide de la variation du Ki67. Le traitement optimal de ces patientes fait l’objet actuellement d’une investigation dans le cadre de l’étude ADAPTcycle (chimiothérapie adjuvante vs adjonction d’un inhibiteur de CDK4/6 à l’hormonothérapie adjuvante sans chimiothérapie).

Pour les patientes sélectionnées comme ayant une tumeur chimiosensible, le nabpaclitaxel incorporé dans le schéma de chimiothérapie néoadjuvante apparait efficace et bien toléré