Mise à jour de l’essai MINDACT :

Rédigé le 22/12/2020
Sylvain LADOIRE

Laura Van’t Vert vient de présenter des données actualisées de l’essai MINDACT. Pour rappel, l’essai avait atteint son objectif principal, et montrait l’excellent pronostic sans chimiothérapie pour les patientes avec un statut Haut risque clinique/Bas risque génomique (DMFS à 5 ans : 95%).

La mise à jour à 8 ans montre néanmoins un petit bénéfice absolu de 2.6% à la chimiothérapie adjuvante pour ces patientes (qui étaient donc randomisées pour la chimiothérapie adjuvante ou non). Ce bénéfice était particulièrement marqué pour les patientes préménopausées (gain de DMFS à 8 ans de +5%).

Un complément de mise à jour à 8 ans présenté au SABCS virtuel 2020 montre des DMFS à 8 ans > à 90% pour tous les sous groupes de patientes (classées selon leur risque clinique et génomique), sauf pour les patientes Haut risque clinique/ Haut risque génomique (DMFS à 8 ans 85.9%) (et qui pourtant ont toutes reçu une chimiothérapie adjuvante).

Toutes les patientes classées Bas risque génomique et n’ayant pas reçu de chimiothérapie ont un bon pronostic (DMFS à 8 ans : 92.8%), en comparaison aux patientes à Haut risque génomique et ayant reçu une chimiothérapie (DMFS à 8 ans 87.7%).

Il existe une population rare qui est celle des tumeurs Bas risque clinique/Haut risque génomique (593 patientes dans l’essai). Il s’agissait essentiellement de petites tumeurs. Ces tumeurs ont un plus mauvais pronostic que les tumeurs Bas risque clinique/Haut risque génomique (différence absolue de DMFS à 8 ans : +3.6%, et d’OS à 8 ans : +3.4%). L’analyse du bénéfice éventuel de la chimiothérapie adjuvante sur cette petite population manque bien sur de puissance mais met en évidence un bénéfice absolu de 1.5% à 8 ans.

Autre sous population intéressante de l’étude, celle des patientes avec une tumeur Bas risque clinique n’ayant reçu aucun traitement systémique adjuvant (pas d’hormonothérapie ni chimiothérapie). 509 de ces patientes ont été appariées à l’aide d’un score de propension à 509 contrôles ayant reçu une hormonothérapie adjuvante seule. Il existe un bénéfice modeste de l’hormonothérapie dans le contexte (DMFS à 8 ans : 97.3% vs 94.8%). Un poster présenté également durant ce SABCS 2020 montre que ce bénéfice est plus important pour la réduction des rechutes locales et des seconds cancers).